Le café, une boisson stimulante dont l’effet diurétique est souvent surestimé

C’est un rituel pour des millions de personnes : commencer la journée par une tasse de café fumant. Pourtant, une petite voix – ou un conseil d’ami – vous a peut-être déjà mis en garde : « Attention, le café déshydrate, il faut boire deux verres d’eau pour compenser une tasse de café ».
Si cette croyance est largement répandue, la réalité physiologique est bien plus nuancée.
Pour comprendre si vous devez craindre pour votre hydratation, il est nécessaire de distinguer l’effet biologique immédiat de la caféine des conséquences réelles sur votre niveau d’eau corporel global.
Comprendre l’effet diurétique de la caféine
Pour répondre à la question, il faut d’abord définir ce qu’est un diurétique. Il s’agit d’une substance qui augmente la production d’urine par les reins, favorisant ainsi l’élimination de l’eau et du sel (sodium) de l’organisme.
La caféine est techniquement un diurétique léger. Lorsque vous ingérez du café, la molécule de caféine passe dans votre sang et atteint vos reins. Elle va inhiber la réabsorption du sodium à certains endroits spécifiques du rein. L’eau suivant généralement le sel, une quantité plus importante de liquide reste dans les tubules rénaux pour finir dans la vessie.
Cependant, qualifier le café de « puissant déshydratant » est une exagération scientifique. L’effet diurétique de la caféine est considéré comme faible, surtout comparé à des médicaments diurétiques prescrits ou même à l’alcool. De plus, cet effet est dose-dépendant : il faut consommer une quantité très importante de caféine en une seule prise (souvent plus de 300 mg, soit l’équivalent de 3 à 4 espressos bus coup sur coup) pour déclencher une réaction diurétique significative.
Le facteur clé : la tolérance du buveur régulier
C’est ici que le mythe de la déshydratation s’effondre pour la majorité des gens. Le corps humain est une machine formidablement adaptative. Si vous êtes un consommateur régulier de café (même modéré), vos reins développent une tolérance à la caféine.
Des études scientifiques ont démontré que chez les buveurs habituels, l’effet diurétique de la caféine s’estompe presque totalement. En d’autres termes, si vous avez l’habitude de boire votre café tous les matins, celui-ci n’aura pas plus d’effet sur votre production d’urine qu’un simple verre d’eau. L’organisme s’habitue à la présence de la molécule et régule ses mécanismes de filtration en conséquence.
L’effet diurétique est donc principalement observable chez deux types de personnes : celles qui ne boivent jamais de café et qui en consomment soudainement une grande quantité, ou celles qui s’abstiennent d’en boire pendant plusieurs semaines avant de reprendre.
Le café participe-t-il à votre hydratation ?
Contrairement à l’idée reçue, le café ne vous « vole » pas de l’eau. Il faut rappeler une évidence : le café est composé à plus de 98 % d’eau.
Même si la caféine provoquait une très légère augmentation de la production d’urine, la quantité d’eau ingérée avec votre tasse est largement suffisante pour compenser cette perte. Le bilan hydrique reste donc positif.
Les recherches actuelles confirment que la consommation modérée de café (environ 3 à 5 tasses par jour) contribue aux besoins quotidiens en liquides, au même titre que l’eau, le thé ou les tisanes. Il n’y a aucune preuve scientifique suggérant que la consommation raisonnable de caféine entraîne une déshydratation chronique ou un déséquilibre électrolytique chez une personne en bonne santé.
Quand faut-il faire attention ?
Bien que le café soit hydratant, il ne doit pas remplacer intégralement l’eau pure, qui reste la meilleure source d’hydratation. Il existe quelques situations où la vigilance est de mise :
- La surconsommation : au-delà de 5 ou 6 tasses par jour, l’apport massif de caféine peut provoquer de la nervosité, des troubles du sommeil ou des palpitations, indépendamment de l’hydratation.
- Les problèmes urinaires : si vous souffrez d’une vessie hyperactive ou de problèmes de prostate, la caféine peut irriter la vessie et augmenter l’envie pressante d’uriner, ce qui est souvent confondu avec un effet diurétique rénal.
- L’effort sportif intense : bien que la caféine puisse améliorer les performances, il est conseillé aux sportifs de privilégier l’eau ou les boissons isotoniques pendant l’effort pour optimiser la récupération.
En conclusion : buvez votre café sans crainte
Vous pouvez rassurer votre entourage : le café ne vous dessèche pas. Pour le buveur régulier, c’est une boisson qui participe à l’hydratation globale de la journée. L’effet diurétique est minime, transitoire et largement compensé par l’eau contenue dans la tasse.
L’essentiel est de conserver une consommation modérée et d’écouter votre corps.
Si vous avez soif, l’eau reste votre meilleure alliée, mais votre petit café du matin ou d’après-repas ne nuit en rien à votre équilibre hydrique.
Continuez donc à savourer vos arômes préférés en toute tranquillité.




