Décryptez les messages de votre organisme pour reprendre le contrôle de votre alimentation

Faim hormonale ou faim réelle : les différences

Il nous est tous arrivé d’ouvrir le réfrigérateur sans vraiment savoir pourquoi, ou de ressentir une envie impérieuse de chocolat alors que nous venons de déjeuner. Dans notre société d’abondance alimentaire, la fonction première de la faim, qui est de signaler un besoin énergétique vital, est souvent brouillée par des signaux parasites.
Parmi eux, la « faim hormonale » est l’un des plus puissants et des plus difficiles à identifier.
Savoir distinguer un véritable besoin physiologique d’une fluctuation hormonale est pourtant la clé pour stabiliser son poids, améliorer son rapport à la nourriture et éviter les culpabilités inutiles.
Comprendre ces mécanismes vous permettra de répondre aux besoins de votre corps de manière adaptée, sans frustration ni excès.

Les caractéristiques de la faim réelle (physiologique)

La faim réelle, aussi appelée faim physiologique, est la réponse de votre corps à une baisse de carburant. Elle ne cherche pas à vous piéger, mais à assurer votre survie. Son apparition est généralement progressive. Vous ne passez pas d’un état de satiété totale à une famine douloureuse en deux minutes. Les signes physiques sont clairs et situés principalement au niveau de l’abdomen : gargouillis, sensation de vide à l’estomac, et parfois, si vous attendez trop longtemps, une légère baisse d’énergie, des difficultés de concentration ou une irritabilité.

Un test infaillible pour identifier la faim réelle est le « test de la pomme » (ou de tout aliment neutre comme des haricots verts ou un œuf dur). Si l’idée de manger une simple pomme ou une assiette de légumes vous satisfait et calme votre sensation, alors vous avez réellement faim. La faim physiologie n’est pas sélective ; elle réclame de l’énergie, peu importe la forme. De plus, une fois que vous avez mangé à votre faim, la sensation de satiété arrive naturellement et vous vous arrêtez sans difficulté. Vous ne ressentez pas le besoin de continuer à manger une fois l’estomac rempli.

Les pièges de la faim hormonale

À l’inverse, la faim hormonale est souvent une imposteure brutale. Elle survient soudainement, sans signes avant-coureurs gastriques. Elle est directement liée aux fluctuations de vos messagers chimiques internes. Chez les femmes, elle est particulièrement présente durant la phase lutéale du cycle menstruel (la semaine précédant les règles). Durant cette période, la chute des œstrogènes et la baisse de la sérotonine (l’hormone du bien-être) poussent le cerveau à réclamer du sucre et des glucides pour compenser et retrouver un apaisement chimique immédiat.

Contrairement à la faim réelle, la faim hormonale est extrêmement spécifique. Vous n’avez pas envie de « manger », vous avez envie de « ce » biscuit, de « ce » morceau de fromage ou de « cette » tablette de chocolat. Le « test de la pomme » échoue ici lamentablement : si on vous propose un fruit, vous le refuserez probablement car il ne correspond pas à la récompense sensorielle que votre cerveau réclame. De plus, cette faim est difficile à rassasier. Comme elle ne répond pas à un déficit calorique mais à un besoin chimique ou émotionnel, remplir l’estomac ne suffit pas toujours à éteindre le signal. C’est ce qui mène souvent aux excès et à la sensation de « trop-plein » désagréable.

Le stress joue également un rôle majeur via le cortisol. En période de forte tension, le cortisol s’élève et peut bloquer les signaux de satiété tout en stimulant l’appétit pour des aliments riches en graisses et en sucres, perçus par l’organisme comme des sources d’énergie rapide pour faire face à un « danger » imminent.

Comment réagir face à ces signaux contradictoires ?

La première étape est la pause consciente. Lorsque l’envie de manger survient, imposez-vous un délai de 10 à 20 minutes. Buvez un grand verre d’eau, car la déshydratation envoie parfois des signaux qui miment la faim. Si après ce délai et cette hydratation, la sensation est toujours là et se manifeste physiquement dans l’estomac, c’est une faim réelle : mangez un repas équilibré.

Si la sensation est toujours « dans la tête » et ciblée sur un aliment plaisir, vous faites face à une faim hormonale ou émotionnelle. Dans ce cas, la lutte frontale est souvent contre-productive. Si vous êtes en période prémenstruelle par exemple, votre corps brûle effectivement un peu plus de calories et réclame du magnésium ou du réconfort.
Plutôt que de vous interdire tout plaisir et de craquer plus tard, optez pour une « alimentation de confort intelligente ». Mangez un carré de chocolat noir (riche en magnésium) avec quelques amandes, ou un fruit sucré.
L’objectif est de reconnaître le signal, de l’accepter sans jugement, et d’y répondre avec bienveillance et modération plutôt que par automatisme.

En apprenant à dialoguer avec vos hormones plutôt qu’à les subir, vous transformerez votre alimentation en une alliée de votre équilibre global.