Démêlez le vrai du faux sur vos besoins quotidiens, que vous soyez sédentaire, actif ou senior, pour optimiser votre alimentation sans excès.

Protéines : combien en faut-il vraiment ?

Les protéines sont devenues les superstars de la nutrition moderne. Des barres énergétiques aux poudres pour sportifs en passant par les régimes hyperprotéinés, elles sont partout.
Face à ce marketing incessant, il est légitime que vous vous sentiez perdu. Est-ce que vous en consommez assez ? En consommez-vous trop ? Les mythes ont la vie dure, et la peur de la carence pousse souvent à une surconsommation inutile.

Pourtant, la réalité physiologique est plus nuancée. Les protéines sont essentielles, c’est indéniable, mais la quantité idéale dépend de nombreux facteurs personnels comme votre poids, votre âge et votre niveau d’activité physique.
Cet article fait le point complet pour vous aider à ajuster votre assiette avec précision.

Pourquoi votre corps réclame-t-il des protéines ?

Avant de parler de chiffres, il est crucial de comprendre le « pourquoi ». Contrairement aux glucides et aux lipides, votre corps ne stocke pas de réserves de protéines. Il a besoin d’un apport constant pour fonctionner. Souvent réduites à leur rôle dans la construction musculaire, les protéines sont en réalité les briques fondamentales de tout votre organisme.

Elles assurent le renouvellement de votre peau, de vos ongles et de vos cheveux. Elles sont indispensables à la fabrication des hormones, des enzymes digestives et des anticorps qui constituent votre système immunitaire. En résumé, sans un apport adéquat, c’est l’ensemble de vos fonctions vitales qui tourne au ralenti, pas seulement vos biceps.

Le calcul de base : la règle du gramme par kilo

Pour la majorité de la population, c’est-à-dire les adultes en bonne santé ayant une activité physique modérée, les recommandations officielles sont assez stables. L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) recommande un apport d’environ 0,83 gramme de protéines par kilo de poids corporel et par jour.

Pour simplifier, si vous pesez 70 kg, votre besoin de base se situe autour de 58 à 60 grammes de protéines par jour. Cela peut sembler peu, et c’est souvent bien inférieur à ce que nous consommons réellement dans les pays occidentaux. Ce chiffre suffit à maintenir votre masse musculaire et à assurer les fonctions vitales.

Quand faut-il augmenter la dose ?

Il existe cependant des situations spécifiques où ce calcul de base ne suffit plus. Vos besoins peuvent grimper significativement selon votre profil.

  • Les sportifs d’endurance : si vous courez, nagez ou faites du vélo régulièrement, vos muscles subissent des micro-lésions qui nécessitent réparation. Vos besoins se situent alors plutôt entre 1,2 et 1,4 g par kilo.
  • Les adeptes de la musculation : pour construire du muscle (hypertrophie), l’apport doit être supérieur pour soutenir la synthèse protéique. La fourchette recommandée oscille généralement entre 1,6 et 2,0 g par kilo. Au-delà de 2,2 g, aucune étude sérieuse ne prouve de bénéfice supplémentaire pour la prise de masse chez un pratiquant naturel.
  • Les seniors : c’est un point souvent négligé. Avec l’âge, le corps devient moins efficace pour utiliser les protéines, et la fonte musculaire (sarcopénie) menace. Après 60 ans, il est conseillé de viser au moins 1 g à 1,2 g par kilo pour préserver son autonomie et sa force.

Attention à la confusion : poids de l’aliment vs teneur en protéines

C’est l’erreur la plus fréquente. Manger 100 grammes de viande ne signifie pas ingérer 100 grammes de protéines. Les aliments contiennent aussi de l’eau, des graisses et des fibres.

Pour vous repérer, gardez en tête ces moyennes approximatives :

  • 100 g de poulet ou de bœuf cuit apportent environ 25 à 30 g de protéines.
  • 100 g de poisson apportent environ 20 g de protéines.
  • 3 œufs moyens apportent environ 18 à 20 g de protéines.
  • 100 g de lentilles cuites apportent environ 9 g de protéines.
  • 100 g de tofu ferme apportent environ 15 g de protéines.

Végétal ou animal : la question de la qualité

La quantité ne fait pas tout, la qualité compte aussi. On parle ici de « profil en acides aminés ». Les protéines animales sont dites « complètes » car elles contiennent tous les acides aminés essentiels que le corps ne sait pas fabriquer.

Les protéines végétales sont excellentes pour la santé et souvent plus riches en fibres, mais elles peuvent être limitantes en certains acides aminés. Si vous êtes végétarien ou végétalien, la solution est simple : la variété. En associant au cours de la journée des céréales (riz, blé, maïs) et des légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots), vous reconstituez des protéines complètes aussi efficaces que celles de la viande.

Y a-t-il un risque à en manger trop ?

La peur d’abîmer ses reins avec un régime riche en protéines est un mythe tenace, mais qui doit être nuancé. Pour une personne en bonne santé, avec des reins fonctionnels, une consommation élevée de protéines (jusqu’à 2,5 g/kg) ne pose pas de problème démontré, à condition de boire suffisamment d’eau.

Le vrai risque de l’excès de protéines réside plutôt dans ce que vous ne mangez pas à la place. Si votre assiette est remplie de viande, vous laissez moins de place aux légumes, aux fruits et aux céréales complètes, risquant ainsi des carences en fibres, en vitamines et une acidification de l’organisme. L’équilibre est, comme toujours, la clé.

Le verdict : écoutez votre faim et répartissez vos apports

Inutile de sortir la calculatrice à chaque repas. Si vous mangez une source de protéines à chaque repas (petit-déjeuner inclus, souvent trop sucré en France) et que vous variez les sources, vous couvrirez naturellement vos besoins.
Pour une assimilation optimale, essayez de répartir votre apport : votre corps utilise mieux 20 grammes de protéines pris quatre fois par jour que 80 grammes ingérés en un seul repas gargantuesque.