L’alimentation à l’hôpital est à la croisée de l’hygiène, de la logistique, des soins médicaux et du bien-être du patient.

L’alimentation en milieu hospitalier est bien plus qu’une simple distribution de repas.
Elle est une composante essentielle du traitement et de la récupération du patient.
Le principal défi rencontré dans ce milieu est la dénutrition, un état qui ralentit la guérison et augmente le risque de complications.
Les fondements et objectifs
L’objectif fondamental de la nutrition hospitalière est de garantir un apport nutritionnel suffisant et adapté pour soutenir la convalescence du patient.
- Lutte contre le catabolisme : la maladie et l’hospitalisation augmentent souvent les besoins en énergie et en protéines du corps, qui se trouve en état d’hypercatabolisme (destruction de ses propres réserves). Il est crucial d’apporter suffisamment de nutriments pour reconstruire les tissus et soutenir le système immunitaire.
- Alimentations thérapeutiques : les repas doivent être rigoureusement adaptés aux pathologies. On parle d’alimentations thérapeutiques pour des patients souffrant, par exemple, de troubles de la déglutition (nécessitant des textures modifiées comme des repas mixés ou moulinés), de diabète ou d’insuffisance rénale (nécessitant des restrictions spécifiques).
- Sécurité alimentaire : l’hygiène et la sécurité sont prioritaires. Le circuit de l’aliment, de la production à l’assiette, est soumis à des protocoles sanitaires très stricts pour prévenir toute contamination ou infection alimentaire.
- Plaisir et bien-être : malgré les contraintes, une attention croissante est portée à la qualité gustative et à la présentation des plats. Un repas agréable soutient le moral du patient et encourage la prise alimentaire, ce qui est un facteur direct de guérison.
Les facteurs de dénutrition
La dénutrition est souvent la conséquence d’une combinaison de facteurs :
- Facteurs liés à la maladie : la maladie elle-même, l’inflammation, la fièvre ou les effets secondaires des traitements (comme l’anorexie ou les nausées) entraînent une perte d’appétit et une augmentation des besoins.
- Facteurs organisationnels : les repas sont parfois interrompus ou manqués en raison d’examens médicaux, de soins ou d’opérations. Les horaires de service ne correspondent pas toujours aux habitudes du patient.
- Facteurs physiques : les patients âgés ou très malades peuvent avoir des difficultés à mâcher ou à avaler (dysphagie) ou ne pas avoir l’aide nécessaire du personnel soignant pour manger.
- Facteurs gustatifs : la monotonie des repas, les restrictions (repas sans sel) et les problèmes de température de service (repas froids) diminuent l’attrait et la quantité consommée.
Les stratégies d’amélioration
Les hôpitaux, souvent par l’intermédiaire du Comité de Liaison Alimentation et Nutrition (CLAN), mettent en place des mesures pour combattre la dénutrition :
- Dépistage précoce : l’état nutritionnel du patient (poids, IMC, perte de poids récente) est évalué dès l’admission pour identifier les personnes à risque.
- Enrichissement des repas : les plats standard sont systématiquement enrichis en calories et en protéines (ajout de lait en poudre, œufs, fromage, beurre, etc.) pour augmenter la densité nutritionnelle sans augmenter le volume, ce qui est crucial pour les petits mangeurs.
- Compléments nutritionnels oraux (CNO) : ces produits liquides ou semi-liquides, hypercaloriques et hyperprotéinés, sont prescrits médicalement pour être pris entre les repas et pallier les apports insuffisants.
- Assistance : amélioration de la formation du personnel et organisation pour s’assurer que les patients dépendants reçoivent l’aide nécessaire pour prendre leurs repas dans de bonnes conditions.
L’alimentation à l’hôpital est un baromètre de la qualité des soins.
Elle est un levier essentiel de la guérison. En assurant une nutrition adaptée et suffisante, l’équipe soignante contribue directement à la réduction des complications, à la diminution de la durée d’hospitalisation et, in fine, à une meilleure récupération du patient.




